Vendredi 25 janvier : de Tana à Andasibe-
8h-12h : ISTE
Conférences : La Réforme- Eugène Casalis.
12h : Départ route de Tamatave – N2-
On passe devant le centre international Adventiste- on voit la colline du Père Pedro –
La route a de gros trous : on fait du gymkhana pour les éviter- les camions semi-remorques qui viennent de Tamatave roulent très vite-
les porte- containers peinent dans les côtes et tombent en panne- les transports maritimes MAERSK roulent bien- on longe la voie ferrée de Tana à Tamatave. La route est française avec ses plots en ciment blanc- les points blancs sur les côtés de la chaussée.
SAMBAINA : village du père de Tin : Honoré. On s’arrête au restaurant Pizzanino : la propriétaire, dame âgée (79) mais énergique nous accueille. Elle est de type chinois. C’est le papa qui a joué de l’orgue à son mariage à l’église anglicane de Tana.
Repas très fin :bourguignon de Zébu + riz+ légumes dans la sauce + crêpes+café.
On continue la route. Des enfants vendent des écrevisses pliées dans des feuilles de bananier qu’ils nous tendent en passant.
Le ciel devient noir- on traverse des forêts de résineux. La pluie !!
La route descend en lacets- le brouillard s’accroche au sommet des montagnes.
On traverse LA FALAISE DE L’ANGAVO : longue faille.
C’est une zone de bananiers. Les hautes collines sont couvertes de forêts.
A AMBODIFODY, on voit la banderole en travers de la route annonçant le concert du groupe Ny Ako du dimanche 27-01 .
MORAMANGA : Capitale d’une région spécialisé dans l’industrie du bois et du charbon de bois- les enfants sortent de l’école- pousse-pousses à vélo- un kiosque chinois sur la place-
Eclair- orage- bananiers le long de la route- lacets de la route- pluie forte- déluge- mur de pluie- on ne voit rien, c’est la mousson !
Parc d’Andasibe : sous la pluie on découvre l’ Hôtel « Feon’ny Ala » ( le chant de la forêt) avec ses jolis bungalows au toit pointu-
chaque chambre est une paillote, aux murs intérieurs tapissés de raphia et décorés de scènes paysannes au batik ,avec son lit sous la moustiquaire.
Le soir, on prend le repas sur la terrasse au bord du ruisseau : on choisit le poisson tilapia malgache : riz+ légumes en sauce+beignets de banane ou ananas flambé au rhum.
On s’endort au bruit de la pluie qui crépite sur le toit de ravinala.
Samedi 26-01-2013
Après une nuit chaude, on se lève à 5h30 et l’on se promène dans le parc qui borde la rivière : fleurs d’agapanthe- roses de porcelaine- fleurs exotiques- forêt tropicale luxuriante- chants des oiseaux- bruits de la forêt- vue sur le lac- parfois on entend de curieux cris comme des gémissements d’enfants ce sont les lémuriens qui vivent dans la canopée.
On prend le petit déjeuner à l’américaine ( omelette) sur la terrasse. Puis on va en auto à l’entrée du parc d’Ambasibe (ex : Périnet) où nous attend le guide.
C’est de l’éco-tourisme avec l’association V.O.I M.MA qui fait vivre le village.( les femmes font les articles vendus à la boutique et les maris sont les guides forestiers)
A l’entrée, on voit dans un arbre 2 petits lémuriens diurnes de couleur grise.
Ici c’est la forêt secondaire avec un beau ravinala (beauté) : l’arbre du voyageur, emblème de Madagascar. Les femmes tissent ses feuilles pour en faire des nattes et elles tuent les insectes qui s’y logent avec une aiguille.
Le chant puissant des grenouilles tomates nous accueille dès l’entrée – les fougères arborescentes – l’énorme caméléon Parson à cornes de couleur verte nous regarde passer, immobile sur sa branche - les sangsues abondantes en période de pluie : petits vers qui avancent en « n » s’incrustent dans les jambes sans qu’on y prenne garde.- un arbre sacré pour les animistes avec des tissus accrochés au tronc-
Dans la rivière nage le poisson/serpent d’eau : le fibata- les herbes piquantes qui peuvent-être du poison (brûlures soulagées par le guérisseur…)
le martin pêcheur aux couleurs rouges –
on passe sur un pont de singe qui balance…au-dessus de la rivière.- le caméléon noir – l’oiseau du paradis qui s’envole en nous entendant- la femelle du caméléon vert sans corne beaucoup moins impressionnante que son conjoint.
On entend enfin l’indri indri gris blanc, le plus grand lémurien de Madagascar qui semble pleurer- le voici qui saute de branche en branche au sommet des arbres- il est assis au creux d’une branche à quinze mètres de hauteur et nous regarde la tête penchée, puis en un éclair disparaît dans la canopée -
Zone amphibie, il faut patauger : ruisseau à sauter- la vigne maronne couvre le sol-
Un gros oiseau (genre corbeau) siffle un jolie mélodie sur 5 ou 7 notes différentes-
Un serpent noir et fin glisse entre les racines d’un arbre trop rapide à photographier- grillons- papillons : pans du jour aux longues ailes- fauvettes- symphonia - coq sauvage- retour enfin le long de la rivière.
Belle promenade dans les sous-bois humides de 3h de marche- au retour, on est en nage, le soleil darde !
A midi, on continue vers l’hôtel Vakôna/forest lodge sur la route du parc Mantadia c’est le grand luxe. Golf, cascade (artificielle) jet d’eau, un lac bordé d’uns végétation luxuriante, un régal pour les photographes, mais cela fait un peu sophistiqué à notre goût de routards.
On s’installe à quatre sur la terrasse sur pilotis avec une vue imprenable sur le lac, les poissons se jettent sur les miettes de pain. Une grande cheminée circulaire est au milieu du restaurant. Le repas est fin : soupe de poulet au gingembre- ragoût de zébu aux légumes+ riz+café. Le service est raffiné, et le prix en conséquence !
Visite de la réserve privée de l’hôtel : un lac avec des crocodiles du Nil de + de 30 ans. Ils pondent dans le sable : T° +ou – 20° détermine le sexe de l’animal.
Dans une cage le fosa et ses 2 petits ( genre félin/belette ) prédateur des lémuriens qu’ils chassent la nuit.
Dans un enclos des grosses tortues à la belle coquille peinte : le ventre plat= le mâle- le ventre creux = la femelle - le boa de Madagascar plus petit que son cousin d’Afrique
La volière d’oiseaux sauvages : le héron noir- les sarcelles- les canards au bec rose-le perroquet noir (petit)- l’ibis au bec noir/corps blanc/queue noire- les pintades-
L’île aux lémuriens-on traverse la rivière en canoë et on est accueilli par les vari blancs et noirs qui nous sautent dessus sans vergogne dès notre arrivée mais légèrement- leur fourrure est douce et épaisse-
On se prend en photo avec eux. Ce sont de véritables vedettes qui aiment à poser, Les femelles sont marrons et elles portent le petit accroché au ventre- gestation de 3 mois- ils mangent des bananes+et au sol, de la terre/oxyde de fer+ feuilles-
Le lémurien bambou (comme supposé, mange du bambou)-
Le furus est brun- le rufus est petit –
Le maki à queue rayée noire ne se trouve pas là.On quitte les lémuriens à regret .
On va au village d’Antasibe pour s’acheter une bouteille d’eau : maisons tout en bois le long de la rue centrale- à l’allure de far-ouest.
On passe devant la poste et la gare françaises désafectées- nostalgie…
Sur le retour à Tana (3 heures de route) : on voit des maisons en bois sur pilotis- maisons en branchages garnis de terre.
La route s’élève progressivement vers les hautes terres du centre de l’île.
Marchandes de fruits tout le long de la RN 2, sous un petit abris de fortune elles attendent le client : on trouve toute la production locale à un prix défiant toutes concurrences : le jacques ( gros fruit granuleux)-ananas-régime de bananes suspendues au fil, courge verte et blanche et toujours ces petits tas de prunes et de pêches pyramidaux qu’on vous tend avec insistance - de temps à autre on croise aussi une cuisine de plein air pour les voyageurs, toute la famille s’est réunie autour du feu au charbon de bois et la bonne odeur de maïs grillé monte dans l’air.
On remonte les impressionnantes gorges de l’Angavo, cette fois sans pluie- la route se faufile un chemin entre les montagnes abruptes, mais le danger est constant, plus de vingt camions en panne le long de cette axe vital de l’île (de Tana au grand port de Tamatave) avec de trop grosses charges, c’est un parcours extrêmement dangereux du type « salaire de la peur » beaucoup de virages, les trous dans la chaussée inattendus, et les glissements de terrain dus aux fortes pluies de la veille ajoutent encore du piquant au voyage.
Vers l’arrivée, le paysage change plus sec et plus peuplé.
la capitale n’est plus très loin, achat de la voiture sans sortir, du maïs cuit et du gâteau de maïs cuit dans la feuille de maïs. c’est chaud, écolo et réconfortant.
Ouf, arrivée enfin à Tana au soleil couchant. Reste la dernière épreuve : la traversée de la ville avec les inévitables embouteillages …jusqu’au gîte.
Après la douche méritée, la table toujours bien servie, lecture comme d’habitude du feuillet du jour : puis repas pizzas maison+ riz rouge+petites bananes achetées au retour du voyage.
Dimanche 27-01 : Soleil du matin après la pluie trépidante de la nuit.
Petit-déjeuner malgache au manioc, repas du pauvre, cuit dans un sirop trop sucré (étouffe-chrétien !)
On se prépare pour le culte à l’église FJKM , à 500m, en face du gîte. La fille de la maison, 21 ans, Sariaka nous accompagne avec les parapluies. Voahangy, la mère, termine l’école du dimanche des grands, au fond de l’église parmi les paroissiens qui entrent et bavardent entre eux, tandis que les enfants, tout heureux de se revoir, courent de partout.
Tout le monde est sur son « 31 » les femmes en particulier ont mis leurs plus belles robes de couleurs vives et leurs souliers fins à talons, les enfants sont particulièrement soignés, les petites filles en robe de mousseline pastelle et les petits garçons en mini tailleur avec cravate. Les hommes beaucoup moins nombreux sont habillés plus sobrement.
La cloche carillonne au clocher, 9h30, c’est l’heure du service.
Tout le monde reprend rapidement sa place, on évalue l’assistance facilement entre 500 et 800 personnes, ce qui est l’effectif moyen d’une église FJKM (protestante) à Madagascar.(on rêve !) Il faudra encore rajouter des bancs pour les inévitables et nombreux retardataires.
Les responsables du culte, une dizaine, entrent enfin à leur tour, solennellement, en file indienne, avec leur robe blanche- en tête, le pasteur, très digne, avec son écharpe bleue, ils traversent toute la nef de l’église et prennent place rapidement en demi cercle, la sœur présidente du culte s’installe sur l’estrade, avec le voile blanc traditionnel et commence une lecture d’introduction -
tout cela se fait impeccablement au son d’une musique tonique, la liturgie est parfaitement réglée, c’est toujours impressionnant la première fois. on a l’impression d’assister à un show parfaitement orchestré.
Le culte peut alors commencer; il alterne cantiques ( airs connus du temple) prières puis prêche du pasteur en chaire avec sa chasuble blanche et ses grands gestes péremptoires. l’assistance est attentive et suit sur sa bible les passages évoqués .
Toujours sur le thème de « l’espoir » thème fondamental dans un pays qui va à la dérive et s’appauvrit d’année en année.
Lectures : Ps 34, 1-10 – 1 Jean 5,11 : « la foi qui donne la victoire sur le monde »
Lam de Jérémie 3,19-27 – Marc 1,40-45- 2 Thes 2, 13-17.
Commentaire de 2 thes : 1e lettre écrite par Paul qui fonde cette église au 2e voyage.
Chap 1à 3 : relations de Paul avec les Thessaloniciens.
Chap 4 à 5 : encouragements- souci des chrétiens pour les morts avant le retour du Seigneur qu’ils attendent de tout coeur.
« Le Notre père » final - chorale des jeunes- offrandes très ritualisées avec toute une équipe en tenue blanche, il y a plusieurs paniers et poches immenses, on ne sait pas trop à quoi cela correspond, mais on donne, toujours au son d’une musique martiale : 2 Cor 9-16-
longues annonces qui se succèdent - les enfants s’impatientent une mère allaite son enfant
C’est fini, à la sortie la vente de produits alimentaires, en passant Voahangy bougonne : ce n’est pas le rôle de l’église de faire cela !
On rentre vite à la maison, avec nos parapluies inutiles, on est fatigué par la chaleur -sieste- il fait lourd, de gros nuages s’amoncellent à l’horizon, la pluie ne va pas tarder …
Le soleil frappe les façades des maisons qui se détachent sur le ciel bleu-noir.
Un coup de tonnerre et les grosses gouttes de pluie commencent à frapper sur le toit de tôle. Le rythme s’accélère et la pluie tombe régulièrement tandis que la nuit descend à son tour.
L’intensité augmente sur les tôles, c’est un roulement bruyant qui se fracasse régulièrement.
Après le repas copieux : riz rouge+poulet-petits-pois+ yaourt, on monte dans notre chambre.
Le plafond goutte avec la violence de la pluie depuis 2h.
On va s’endormir bercé par le bruit intense et régulier.